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Ardente Patience
Zivvoug
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À l’orient de tout :
C’est dans le brouillard des jours que je dessine ton paysage, et je touche du doigt cet amour-là, aussi dur que la pierre, aussi vrai que ma peine. Prisonnier de tes courbes j’enchaîne les virages, sur l’autoroute des rêves je sème des graines de souvenirs. Par delà les neiges, au soleil de midi et sous des nuits de larmes, il y a tes millions de couleurs, cette promesse de trésor, avec toi, sans toi, réciter comme un sutra du cœur, pour ne pas oublier, répéter l’alphabet des chemins, la caresse des herbes, la morale du vent qui emporte tout, qui ramène tout. J’ai rangé au placard des mots poussières, des habits d’égo, et puis, mille fois, dans ces éclats de lune qui naissent et meurent sur l’eau au passage des oiseaux, voir ton regard, voir toi, comme on n’aurait jamais rien vu de sa vie, comme un espace entre des paupières où tourneraient sans fin des galaxies d’amour, et je trouve mon souffle, à l’unisson du tien, au paysage de ton ventre, monter, descendre, se trouver dans ce creux, comme dans le désert de soi, l’oasis de l’autre où on s’oublie, monter, atteindre son sommet, descendre, sentir, comme une marée qui serait là depuis toujours et qui nous emporte enfin vers l’autre rive. Et se relever, rincés, fanés de haines et de mensonges, deux, mille, toutes et tous, neufs légers, nés enfin.
Et toi, mon amie, que sais-tu, là, au fond de ton ventre, devant le miroir, ou dans le noir, quand les mots se taisent, et que montent du fond de ta nuit mille peurs enfouies dans la mémoire de tes ancêtres ? Tu fais semblant de ne pas entendre la chanson du vent, tu parles et tu cours, ris et pleure. Oui, on s’épuise à faire semblant de ne pas savoir. Mais maintenant tais-toi. Rends-toi à l’évidence du rien.
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